Les Sultanats du Désert : Livre 2
Le 10 octobre, nous vous dévoilions avec mon éditeur Forgotten Dreams la magnifique couverture de mon second roman réalisée par le street artist Horor.

Mon éditeur et moi-même sommes des acteurs indépendants de la chaîne du livre : pour que la suite des Sultanats du Désert existe, nous avons besoin de vous, lectrices et lecteurs. La campagne de précommandes est en cours jusqu’au 8 novembre. En précommandant votre exemplaire, vous soutenez activement mon travail et celui de Forgotten Dreams.
Les délais d’impression et de logistique étant ce qu’ils sont, l’ouvrage ne sera pas disponible en librairie avant les fêtes. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’en le précommandant via la campagne, vous l’aurez à temps pour Noël, car nous nous chargerons nous-mêmes des envois. Nous sommes en novembre, le temps file : voici déjà une petite idée de cadeau à glisser sous le sapin… Vous pouvez commander le tome 2, le tome 1, et même le pack tome 1 & tome 2. Ils seront accompagnés d’une dédicace et d’un joli marque-page.
J’en profite pour vous remercier pour l’accueil merveilleux que vous avez réservé à toutes ces annonces 🧡.
L’ambivalence des prix littéraires
Je vous le rappelais dans ma newsletter de septembre, chaque automne, les tables des libraires sont inondées par le tsunami des nouveautés (plus de 450 romans cette année…). Les prix littéraires seraient-ils, en plus des coups de cœur des libraires et des divers chroniques dans les médias et sur les réseaux, un moyen de ne pas se noyer dans la masse ? En récompensant une œuvre, ils la mettent en lumière et lui donnent une publicité bienvenue. Les auteur-ices sont invité-es sur les plateaux de télé et de radio, leurs livres s’empilent sur les tables avec leurs gros bandeaux rouges.
J’aime suivre les péripéties des prix, tout est d’ailleurs fait pour, ça me rappelle la Star Academy et les NRJ Music Awards, ces émissions que j’affectionnais adolescente : plusieurs candidats s’affrontent, tous talentueux, mais un seul sera récompensé à la fin. Chaque tour est mis en scène, certains sont éliminés, l’effet d’entonnoir opère, jusqu’au dernier, au grand gagnant… C’est dramatique, romanesque. Le storytelling fonctionne.
Plusieurs points m’interpellent.
Le premier, que ce soit pour les prix littéraires, la Star Academy, les NRJ Music Awards et même le Ballon d’Or, c’est que je me demande si nous ne sommes pas perdants à constamment ériger un seul vainqueur. Il y a une telle pluralité d’univers, de pratiques et de sensibilités dans la littérature, dans la musique, dans les arts et dans le sport, que nous devrions arrêter de n’en chercher qu’un seul. Cette idée du « meilleur » me dérange. C’est une question philosophique, on pourrait débattre longtemps dessus, tant elle imprègne nos vies et nos inconscients. Je ne sais plus où je lisais que c’est très franco-français, le classement dans les salles des écoles, les notations élitistes. J’ai constamment cherché à être la meilleure dans ce que je faisais, ce qui m’a poussée à me dépasser. Mais être la meilleure dans ce que je fais, est-ce que ça veut dire être meilleure que les autres quand ils le font ? La compétition est saine jusqu’à un certain point, le point de bascule où nous perdons confiance, où notre estime de nous-mêmes est attaquée par la cruauté de ce jeu sans fin.
J’en ai souffert, j’en souffre encore. Au foot, j’ai beau m’entraîner, je reviens souvent frustrée. Et avec l’âge, ça ne va pas aller en s’améliorant, pourtant je veux continuer à pratiquer, j’en ai besoin : je dois apprendre avec les limites de mon corps, et c’est plus dans ma tête que ça se passe, voilà le paradoxe. Avec l’écriture, je mets toutes mes tripes dans ma trilogie, et pourtant, que c’est dur d’exister. Avant d’être éditée par Forgotten Dreams, j’étais si seule, isolée, avec mon manuscrit, que j’ai cru qu’il finirait dans un tiroir. J’ai été finaliste de deux concours (« Premier roman » organisé par les éditions Auzou en 2022 et « Un R de premier roman » organisé par Robert Laffont en 2023). C’était vraiment dur d’être parmi les nominées mais de ne pas être lauréate. Deux fois. Je me réjouissais pour la gagnante et en même temps, c’était une réjouissance amère. J’ai ressenti le temps de quelques semaines une euphorie décuplée par les mois de solitude que j’avais vécus. Pour finir dans l’oubli à nouveau. Aujourd’hui, je le regarde différemment. Mon manuscrit a été repéré par deux maisons d’édition, j’ai eu des retours positifs, moi qui commençais à sérieusement douter de la qualité de mon travail. Ces deux concours ont peut-être sauvé Les Sultanats du Désert en me rappelant que je devais continuer, que je finirais par y arriver.
Le deuxième point qui m’interpelle avec les prix littéraires, c’est celui du mérite. Comment mesurer la valeur d’une œuvre ? Comment, dans un paysage saturé de nouveautés, séparer le bon grain de l’ivraie ? Sylvie Ducas* évoque deux concepts qui vont nous intéresser : celui de la légitimité littéraire et celui des instances de consécration. La légitimité, d’après la définition de l’Académie française, c’est le « caractère de ce qui est fondé en droit ou de ce qui est conforme à l’équité, à la raison, aux règles établies, à la tradition ». Qui est légitime à parler littérature ?
« Les prix littéraires sont une de ces instances de légitimation : la désignation verticale de la valeur sous une forme injonctive, celle d’élites lettrés et des assemblées de pairs recommandant à un public profane ce qu’il faut lire et qui mérite de l’être. », Sylvie Ducas.
Avec les réseaux sociaux, les chroniqueurs se multiplient sur BookStagram, BookTube et BookTok. Ils ont joué un rôle immense pour démocratiser la littérature, pour dépoussiérer les vieilles habitudes élitistes. Mais sont-ils moins légitimes que les chroniqueurs des médias classiques, que les élites souvent parisiennes qui érigent un panthéon littéraire à leur image (bourgeois, blanc, cisgenre) ?
« Les auteurs sont souvent les mêmes à cumuler différentes fonctions liées aux instances de consécration (ils peuvent être à la fois critiques, directeurs de collection, jurés d’un prix) », Sylvie Ducas, évoquant les conflits d’intérêt dans son article.
Le Prix Goncourt, c’est l’exemple le plus parlant d’instance de consécration. Il a beau être critiqué, il a beau être élitiste (quoi de plus élitiste que ce groupe restreint de joyeux lurons qui se retrouvent à huis clos dans un restaurant parisien pour choisir le lauréat, ce dernier majoritairement sélectionné parmi les « Galligrasseuil » et « AlbinMichactesud »), c’est le prix qui se vend le mieux chaque année. Côté chiffres, d’après Olivier Bessard-Banquy**, les ventes « peuvent être de 100 ou 200 000 dans les mauvaises années, 300 à 500 000 dans les bonnes années et plus encore dans les années exceptionnelles comme l’année de L’Anomalie qui a, selon Gallimard, dépassé le million d’exemplaires écoulés ».
Chaque prix a ses règles, son mode de nomination, ses critères d’éligibilité. Pourquoi retrouve-t-on constamment les mêmes grandes maisons ? (Le Goncourt de cette année sera forcément issu du Groupe Madrigall, maison-mère de Gallimard). Parce que participer représente un coût important pour un éditeur, qui doit envoyer le roman à chaque membre du jury. J’en parlais avec mon éditeur : s’il voulait présenter mon roman, il devrait envoyer une dizaine de manuscrits des Sultanats du Désert à chaque jury, sans aucune promesse de retour sur investissement (s’ajoutent également des coûts annexes, dont des forfaits de participation par exemple). Les petits éditeurs se censurent, choisissent un ou deux prix pour lesquels ils estiment qu’ils auront une chance, là où les Gallimard et compagnie les envoient sans même se poser de question à tous les prix de la rentrée.
« Les « ventes faciles », c’est-à-dire celles qui n’ont pas besoin de notre travail pour se faire, sont quasiment toujours à l’avantage des grands groupes éditoriaux – Hachette en premier lieu – car ce sont eux qui sont favorisés par les prix littéraires, eux qui ont les meilleurs réseaux auprès des médias prescripteurs, eux qui disposent des meilleurs moyens de publicité, c’est à dire du marketing agressif qui touche les lecteurices partout où iels sont. », Soazic Courbet, libraire à L’Affranchie***.
Le troisième point qui m’interpelle, c’est la quantité des prix littéraires. Lorsque je me suis lancée dans les recherches pour l’écriture de cette newsletter, j’avais une idée de trame en tête : vous présenter les prix littéraires, vous parler des grands scandales historiques. Seulement, il existerait environ 2 000 prix littéraires* (décernés à des périodes variées). On peut se demander si le prix récompense la qualité, ou est devenu une « fabrique du succès de librairie » à une époque où le roman est un bien culturel à consommer. C’est en tout cas ce que défend Olivier Bessard-Banquy :
« Les livres étaient initialement récompensés dans une logique de valorisation de l’offre, ils semblent de plus en plus primés pour répondre à une demande. »
En même temps, la multiplication des prix est peut-être une manière de solutionner le problème que j’évoquais : qui dit plusieurs prix, dit plusieurs œuvres récompensées, et donc, différents univers, différentes sensibilités. MAIS (il y a toujours un mais, et même deux). Les lecteur-ices ne risquent-ils pas de se noyer dans les nouveautés ET les prix littéraires ? Là encore, on revoit les mêmes grandes maisons d’édition se partager la plus grosse part du gâteau…
Je vous laisse méditer tout cela avec un tour d’horizon (non-exhaustif) des prix littéraires, accompagnés de quelques-unes de mes chroniques.
Le Goncourt reste le prix le plus emblématique, aux retombées médiatiques et économiques les plus importantes. La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr a été récompensé en 2021 et Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea en 2024. Ces deux romans, respectivement publiés par les éditions Philippe Rey et L’Iconoclaste (deux maisons indépendantes… tiens tiens) sont les meilleurs que j’ai lus et d’énormes coups de cœur.
Le Goncourt est décliné depuis quelques années, avec le Goncourt des détenus, le Goncourt du premier roman, le Goncourt de la nouvelle, et mon chouchou, le Goncourt des Lycéens (il ne me déçoit jamais). Organisé depuis 1988 par la Fnac et le ministère de l’Éducation nationale, son jury est composé d’environ 2 000 lycéens. Il a récompensé L’art de perdre d’Alice Zeniter en 2017, Frère d’âme de David Diop en 2018, Les choses humaines de Karine Tuil en 2019 ou encore S’adapter de Clara Dupont-Monod en 2021.
Deuxième prix le plus plebiscité, le Renaudot récompense des ouvrages qui auraient pu échapper à l’attention du jury du Goncourt. Il ne peut être décerné à un lauréat d’un autre prix littéraire. Les dix membres du jury sont élus à vie par cooptation. En 2024, il est décerné à Jacaranda de Gaël Faye. Arrive ensuite le Femina, créé en 1904 en réaction à la prépondérance masculine du Goncourt. Son jury est exclusivement féminin. Il se décompose en trois catégories : le Prix Femina (pour la prose et la poésie), le prix Femina étranger, et le prix Femina essai. Côté Femina étranger, il a notamment récompensé Propre de l’autrice chilienne Alia Trabucco Zerán en 2024 et La Sentence de l’autrice états-unienne Louise Erdrich en 2023.
Les médias décernent leurs prix. On trouve le Prix Littéraire Le Monde, décerné depuis 2013, avec un jury composé de 13 journalistes du Monde. Cette année, ils ont récompensé À voix haute de Polina Panassenko. Le Prix du Livre Inter, créé en 1975, est attribué au printemps et composé de 24 auditeurs de France Inter (douze femmes et douze hommes) sous la présidence d’un-e écrivain-e. Pour l’anecdote, j’avais essayé d’y participer une année. Je n’ai pas été sélectionnée, mais je me souviens avoir pris plaisir à rédiger la lettre demandée. Aliène de Phoebe Hadjimarkos Clarke a été récompensé en 2024. Le Grand Prix des Lectrices ELLE est le premier à récompenser un livre sur la base d’un jury de non-professionnels. Ce sont des lectrices du magazine qui choisissent. Trois palmarès existent tous les ans : pour le Roman, le Document et le Policier. Il a récompensé Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon en 2023 et Mon vrai nom est Elizabeth d’Adèle Yon en 2025.
Les professionnels du livre décernent leurs prix. Le Prix des Libraires, créé en 1955, soumet son vote à l’ensemble des libraires franchophones. Il a récompensé l’émouvant Ce que je sais de toi d’Eric Chacour en 2024. La FNAC organise également son prix en réunissant des adhérents et des libraires de l’enseigne. Cette année, il a récompensé C’était ça ou mourir d’Orélien Thélyson.
On trouve aussi des prix pour les « mauvais genres » comme l’Imaginaire et le Polar. Le Grand Prix de l’Imaginaire (GPI) est le prix français le plus prestigieux dans le domaine des littératures de l’Imaginaire, décerné depuis 1974. En 2019, il a récompensé le tome 1 et le tome 2 du Cycle de Syffe de Patrick K. Dewdney. Clin d’oeil à Arthur : Sukran de Jean-Pierre Andrevon a gagné le Grand Prix de l’Imaginaire en 1990. Créé en mai 2002 à l’initiative de la Ville d’Épinal, le Prix Imaginales est exclusivement consacré à la fantasy francophone. Il comprend différentes catégories, dont celle du Prix Imaginales des Lycéens, décerné en 2024 à ma consœur Nathalie Cirac pour son roman Livie Morevi et les passeurs d’âmes chez Forgotten Dreams.
Personnellement je suis également sensible au Prix de la Littérature Arabe qui, depuis 2013, distingue la création littéraire issue du monde arabe (en 2024, il récompensait Le Désastre de la maison des notables d’Amira Ghenim, et en 2023 Je me souviens de Falloujah de Feurat Allani), ainsi qu’aux prix anglophones que sont le Booker Prize (qui a récompensé Les Testaments de Margaret Atwood en 2018) et le Pulitzer (qui m’a permis de découvrir deux auteurs états-uniens dont je ne manque plus aucune sortie : Colson Whitehead pour Nickel Boys en 2020 et Underground Railroad en 2017, Richard Powers pour L’Arbre-Monde en 2019).
Et il reste… Le Médicis (qui récompense un talent prometteur, bon je vous avoue que quand j’ai vu Emmanuel Carrère lauréat en 2025, je me suis dit que le prix devrait peut-être changer sa définition), le prix 30 Millions d’Amis (l’animal y est à l’honneur), le prix du Roman de la Nuit (pour une œuvre inspirée par la nuit), le prix Vendredi (destiné aux adolescents), le prix Hors Concours (pour récompenser des auteur-ices publié-es par des maisons d’édition indépendantes, dont Karim Kattan a d’ailleurs été le lauréat en 2025 pour son magnifique L’Eden à l’aube), etc.
« Un Goncourt ou un Médicis ne canonise pas à la façon d’un Nobel, il labellise », Sylvie Ducas.
Le Nobel se distingue car il récompense non pas un ouvrage mais l’ensemble d’une œuvre. Il est accordé chaque année depuis 1901. J’aime particulièrement ce prix, car il promeut à l’échelle internationale des auteur-ices que je n’aurais pas connu-es autrement (je pense notamment à la plume mélancolique du Tanzanien Abdulrazak Gurnah, récompensé en 2021) et revêt souvent une signification politique (cette année, la poétesse canadienne Anne Carson a été nommée, on peut y voir un pied de nez fait par l’Académie suédoise aux menaces ridicules de Donald Trump d’ajouter le Canada aux États-Unis). Parmi les reproches au Nobel que je trouve légitimes, je citerai le manque de distinctions féminines (seulement 19 écrivaines sur les 122) et une promotion accrue des anglophones (25%). Les Nobel que j’ai lus et aimés : l’Allemand Thomas Mann nobellisé en 1929, le Colombien Gabriel García Márquez en 1982, l’Égyptien Naguib Mahfouz en 1988, l’États-unienne Toni Morrison en 1993, le Français J.M.G Le Clézio en 2008, la Biélorusse Svetlana Alexievitch en 2015, le Britannique Kazuo Ishiguro en 2017, ou encore la Française Annie Ernaux en 2022.
Que vous inspirent les prix littéraires ? Est-ce que vous êtes plus sensibles à certains ? Est-ce qu’ils vous laissent indifférent-es ? Je suis curieuse de vous lire.
* Sylvie Ducas, Légitimité soluble dans le marché ? L’exemple des prix littéraires, Belphégor, 2019.
** Olivier Bessard-Banquy, Les prix littéraires en librairie, La vie des idées, 2023.
*** Extrait de l’ouvrage Déborder Bolloré, coédition collective, 2025.
#SauvonsLaLecture

Je profite de la newsletter pour relayer l’appel du collectif Plaidoyer pour le livre et la lecture, qui rassemble plus de 60 organisations représentatives de la filière. La campagne #SauvonsLaLecture a pour objectifs d’alerter et de mobiliser les acteurs publics, afin de repenser les politiques et les budgets.
Les acteurs du monde du livre voient leur précarité augmenter, l’accès est toujours plus inégalitaires dans certains territoires, et l’inclusion ne peut être assurée avec si peu de moyens. Or, à l’ère du numérique et de l’IA, nous connaissons tous les enjeux. Il en va de l’avenir de l’esprit critique, de notre société, et de notre démocratie.
Mon actualité



Le 17 octobre, alors que j’étais en dédicaces à la Librairie RUC de Colmar, Sandra, l’une des lectrices de mon roman est venue m’offrir mon dessert préféré, un immense Paris-Brest. Nous l’avons savouré en famille avec bonheur le soir-même. Merci, Sandra, pour ce cadeau que je n’oublierai jamais. Vous pouvez découvrir son travail et son talent sur sa page Instagram @sandra_patisseries, mais attention, ça donne (très) faim 😋.
Le week-end du 31 octobre, j’ai eu l’honneur d’être la marraine de l’événement Don des Dragons, dont les bénéfices sont reversés à l’association Le Refuge. Tout le samedi, j’ai dédicacé mon roman au côté des autrices Anaïs Cros et Priscilla Grano.
Pour fêter la sortie prochaine du tome 2 et avec l’aide précieuse de Business Link, je lance sur Instagram un concours pour remporter le tome 1 🐍 ! Vous avez jusqu’au samedi 7 novembre à 12h pour participer.
Mois de l’imaginaire : mes lectures

James Islington, Hierarchie, The Will of the Many (Elder-Craft éditions, 2026). Un décor inspiré de la Rome antique, un protagoniste contraint à cacher son identité, des réflexions brûlantes sur le système politique et la démocratie : l’œuvre de James Isligton est addictive, novatrice et pertinente. Énorme banger !
⭐⭐⭐⭐⭐
« La République récompense ceux qui se servent, pas ceux qui le méritent. »
R.F. Kuang, Babel (De Saxus, 2023). Moderne, subversif, le roman avait tout pour me plaire, avec ses réflexions sur le colonialisme et son incroyable concept d’argentogravure. Des redondances et un manque de finesse transforment parfois le propos en matraquage militant.
⭐⭐⭐
« Si les gens ne pouvaient être persuadés par des paroles, ils le seraient par la destruction. »


Ariane, Les abeilles bleues (Forgotten Dreams, 2026). Roman d’anticipation bouleversant, Les abeilles bleues place la santé mentale au cœur de l’intrigue. Avec une écriture immersive, une intrigue réussie, des revendications et énormément d’humanité, c’est l’un des meilleurs livres que j’ai lus cette année.
⭐⭐⭐⭐⭐
« J’ai jamais compris pourquoi on foutait des abeilles et des fleurs dans les zones. Repolliniser quoi ? L’asphalte ? Le béton? »
Lucie Mosca, Bordure, (L’Atalante, 2026). Quand Les gardiens de la galaxie – mon Marvel préféré – rencontrent Le cinquième élément – le meilleur film de SF de tous les temps – ça donne ce space-opera de haute voltige. Le ton est moderne, féministe et engagé.
⭐⭐⭐⭐
« Kass cherche la justice. C’était mon cas, à une époque. Aujourd’hui, c’est de vengeance que j’ai besoin. »


Michael Roch, Tè Mawon (La Volte, 2022). Tè Mawon est un roman choral de cyberpunk caribéen. La lecture est exigeante, mais la patience est récompensée. Aspects futuristes et réflexions ancestrales fusionnent, dans un jeu de langues et de langages relevant du génie
⭐⭐⭐⭐
« Le réel n’est jamais devant nos yeux ni à travers nos écrans. Le réel est un secret que seul l’autre peut nous dévoiler. »
Emily Rath, Au nord est la nuit (PAL éditions, 2026). Page-turner qui s’appuie sur le folklore et la mythologie finlandaises, Au nord est la nuit place les femmes au cœur de l’intrigue, tant du côté des deux protagonistes que des déesses de la mort. Amitié féminine et maternité sont joliment questionnées.
⭐⭐⭐
« Dans cette nature sauvage, je ne peux faire confiance qu’aux animaux de la forêt et aux dieux que les autres croient morts. »

Le défi littéraire du mois
🌟 Merci pour vos coups de coeur en Imaginaire, les filles. Ils viennent rallonger ma pile à lire…




☕ Après un long été indien, l’automne est bel et bien là. Un canapé, un plaid, un chat qui ronronne, un chaï latte, et un bon bouquin… Envoyez-moi votre lecture cosy favorite pour la prochaine newsletter, à l’adresse alexandrazins19@gmail.com ou dans les commentaires.
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