La bande-annonce de mon premier roman – le fameux booktrailer – a été dévoilée mercredi 16 septembre sur mes réseaux sociaux. Je vais être franche : elle est plus belle encore que ce que j’espérais. Je l’ai visionnée en boucle. Pourquoi je parle au passé : je la visionne encore en boucle ! C’est donc avec fierté et joie que je la repartage dans cet article.
Anne Bollinger, l’illustratrice dont je parlerai plus en détails dans la suite de l’article, a personnifié à merveille mes deux héroïnes. La courageuse mais timide Zephyra. L’intrépide et révoltée Zouhour. Elle les a mises en scène, leur a donné du corps, des couleurs, et une vie propre. Elle a dessiné des détails magnifiques, qui illustrent sa lecture fine de mon texte, et ça, c’est le plus émouvant.
Avec ce booktrailer, je voulais parler de mon premier roman et communiquer autour de la sortie du deuxième tome. Mais je voulais le faire en accord avec mes valeurs. Et parmi mes valeurs, il y a l’humain avant tout. Cette vidéo a demandé du temps et un budget. Du temps pour que les idées prennent vie, mûrissent et se confrontent. Un budget pour rémunérer les créatrices à leur juste valeur.
Bien sûr que j’espère que le booktrailer saura toucher son public. Bien sûr que je souhaite que la vidéo tourne sur les réseaux. Mais, comme tout projet artistique, il y a une part d’inconnu dans la réception de l’œuvre. Si je n’avais eu ni budget ni temps, je n’aurais tout simplement rien fait. Car je refuse d’utiliser l’intelligence artificielle pour créer.
L’IA grignote. Elle menace, remplace, détruit des emplois et rebat les cartes de nos vies professionnelles*. Elle appauvrit nos imaginations, ampute nos espaces de création. Elle nous monte les uns contre les autres, tandis que se multiplient les chasses à son utilisation. Qui est pour, qui est contre. Une nouvelle polarisation du monde se dessine…
Chaque jour, nous la voyons avancer. Nous entendons les Cassandre, et sommes de plus en plus nombreux-ses à les écouter. J’avoue être de celles qui ont besoin d’être convaincues par le bien fondé de l’IA (en tout et pour tout, j’ai posé cinq questions à l’IA générative d’Ecosia**) . Je veux qu’on m’expose clairement en quoi l’IA nous fait grandir, en quoi l’IA peut nous aider. Car je suis et resterai une incurable sceptique à ce sujet. J’entends, pour les progrès scientifiques, la médecine, le code informatique. En revanche, si c’est pour un gain de temps ou une économie d’argent, je sais qu’y recourir est une erreur. Les conséquences se mesurent déjà, et se multiplieront dans les mois à venir.
Combien d’eau est gaspillée pour une requête ? Un recours ponctuel est-il véritablement anodin, ou n’est-il pas déjà le pas de trop vers une utilisation systématique ? Je pense qu’à chaque fois qu’on envisage d’utiliser l’IA, on doit le faire en se posant un minimum de questions (en vérité, c’est un maximum de questions qu’on devrait se poser, tant le sujet est problématique) et en gardant en tête qu’il y a des conséquences climatiques et humaines. Oui, à chaque fois. Les questions à se poser sont simples : aurais-je pu demander à un humain ? Si j’utilise l’IA maintenant, est-ce que je porterai préjudice à quelqu’un ? Quelles habitudes de vie est-ce que je veux adopter ?
Le recours à l’IA, c’est le risque de voir disparaître des savoir-faire et des savoir-être. Je ne vous parle même pas des dangers d’une IA qui se retournerait contre nous et détruirait l’espèce humaine (et pourtant, j’adore la science-fiction et je suis fan des films Matrix). Ce que j’espère simplement faire passer comme message, c’est l’idée que selon moi, l’IA est aujourd’hui un cheval de Troie qui se glisse dans tout ce qu’on produit. Vous connaissez l’histoire de Troie. De la tragédie qui découle de la ruse d’Ulysse.
* Des données chiffrées illustrent l’impact concret sur nos vies professionnelles, d’après la chronique rédigée par le Directeur de recherche au CNRS Thomas Breda dans le journal Le Monde le 22 septembre.
« On obtient une baisse globale d’environ 5 % des nouvelles offres d’emploi début 2026 du fait de l’apparition de l’IA générative. Surtout, la chute des offres et des embauches est spectaculaire et ne cesse de s’accentuer, laissant peu de doute sur les difficultés du marché du travail à intégrer les nouveaux entrants dans les métiers concernés. »
** En écrivant cet article, j’en ai profité pour me pencher plus en détails sur le modèle proposé par Ecosia, un moteur de recherche qui se dit non lucratif, qui finance des projets de protection de l’environnement avec ses revenus publicitaires. J’ai notamment trouvé cet article très intéressant de l’agence Zig Zag, dont voici un extrait :
« La nouveauté avec le virage IA, c’est que chaque requête d’intelligence artificielle a un coût énergétique plus élevé que la recherche classique. Ecosia a donc développé un suivi de la consommation via des outils tiers comme Ecologits ou AI Energy Score, qui mesurent l’impact énergétique des modèles utilisés. Ce n’est pas parfait, mais c’est nettement plus transparent que la plupart des promesses d’IA « neutre en carbone » balancées par d’autres acteurs sans la moindre méthodologie. »
IA & littérature

Tout le monde parle de « l’affaire Orélien Thélyson ». Au club de foot hier encore, on me parlait « du roman écrit avec l’IA », sans connaître ni l’auteur ni le titre. J’y pense constamment, je m’interroge, et j’en conclus que l’affaire dépasse largement Orélien Thélyson et la littérature. Car elle nous met face à trois questions.
Celle de l’éthique. Il y aurait un pacte implicite entre le créateur et l’utilisateur : les gens se sentent trahis s’ils apprennent après coup qu’ils ont eu affaire à une IA.
Celle de la peur. Et si l’IA faisait mieux que l’humain ? Pourquoi s’en priver ? Pourquoi ne pas nous remplacer ?
Enfin, celle de l’estime de soi. Si nous avons pu aimer un roman écrit par une IA, qu’est-ce que cela montre de nous ?
On en revient à l’ego. Un ego touché donne des réactions épidermiques, une absence de bienveillance, mais aussi des comportements hypocrites. « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre », déclarait Jésus selon l’évangile de Jean. Combien utilisent l’IA sans réfléchir aux conséquences ? Le débat est sain, mais la manière me répugne. Je trouve honteux qu’on s’acharne sur Orélien Thelyson de la sorte, car toutes ces questions devaient tôt ou tard être posées. Il aurait été préférable que personne ne soit jeté ainsi en pâture.
Peut-être que le plus dur dans tout ça, c’est qu’il y a une réalisation collective : l’IA s’est définitivement immiscée dans nos vies. L’IA n’est pas humaine. Elle est un amas de données humaines, une algorithme entraînée encore et encore à partir de données humaines. Elle nous trompe, elle nous dupe, et voilà ce qui nous effraie plus que tout : nous ne serons bientôt plus capables de déterminer ce qui est humain de ce qui est une machine. Et le plus ridicule avec l’affaire Orélien Thélyson, c’est qu’on utilise une IA pour résoudre le problème… On est déjà coincés, déjà emprisonnés dans ce monde que nous craignons tant. Le futur n’est plus. Le futur, c’est maintenant. L’IA a déjà brouillé toutes les frontières. Et nous en sommes responsables, même si nous ne voulons pas l’admettre. Personnellement, c’est aux géants de la tech’ que j’en veux. À leur course effrénée qui risque de nous détruire, à l’image de la course à la bombe atomique. Pas à un auteur pour qui s’applique la présomption d’innocence.
C’est pour moi tout un symbole, que ces interrogations et ces craintes émergent de la littérature.
Vous pouvez retrouver ma chronique du roman d’Orélien Thélyson par ici.
Les coulisses du booktrailer

Anne, Katia et moi avons grandi dans le même village du Haut-Rhin. Avec l’élaboration du booktrailer, nous avons réuni nos différentes casquettes… J’ai envie de vous raconter un peu comment le projet a été mené, car je suis à la fois émue par le processus et le résultat.
Je connais Anne depuis l’enfance. Nos parents sont amis. À l’époque, j’admirais déjà son travail. Petite, je dessinais, et je me souviens qu’elle m’a prêté un de ses livres pour apprendre à reproduire des chevaux au crayon, pas à pas. J’aime son univers artistique, les couleurs et les textures qu’elle choisit si justement, le mouvement qu’elle insuffle. Il y a du merveilleux dans ce qu’elle créé. Lorsqu’elle m’a écrit pour me parler de mon roman qu’elle avait lu, elle a planté la graine. C’était inconscient, mais je suis sûre que c’est à cet instant qu’est née mon envie de lancer un projet à ses côté.
Katia est ma cousine. Nous avons partagé une enfance inoubliable, gardées par notre grand-mère. À l’adolescence, on s’échangeait nos playlists sur nos MP3 (entre Placebo et les Black Eyed Peas) et nos articles sur Skyblog. Katia connaît mon tempérament, elle sait que j’ai mille idées à la minute qu’il faut canaliser pour ne pas partir dans tous les sens. Spécialiste de la communication, elle était la personne parfaite pour m’aider. Car aujourd’hui, pour exister en tant qu’écrivaine publiée par une maison d’édition indépendante, je ne peux me permettre de laisser ce champ de côté. C’est également une envie et un défi, que de valoriser mon travail.
Au printemps, je les ai contactées toutes les deux pour leur proposer de travailler ensemble. Elles m’ont rapidement répondu positivement, et nous avons monté le projet petit à petit, entre visioconférences et échanges de mails. Tout a été très fluide, avec un mélange de douceur et d’efficacité. Il a fallu choisir les scènes à représenter, les formats à respecter. Nous avons évoqué une multitude de détails. Beaucoup de questions ont été débattues. Quelle longueur pour la vidéo ? Quel texte et sous quel aspect ? Musique, extrait du roman, ou résumé à voix haute ? Nous avions déjà vu des bande-annonces, toutes les trois, mais en créer une nous-mêmes, c’était un défi !
J’écris ces mots avec un mélange de nostalgie et de joie. Je tiens encore à les remercier toutes les deux pour leur patience et leur professionnalisme. Comme je l’évoquais en introduction, grâce à nos échanges, le processus a été un plaisir. Et le résultat est sublime.




Mon actualité

Durant tout ce mois d’octobre, nous fêtons les littératures de l’imaginaire. Le moment parfait pour vous dévoiler la couverture du second tome de ma trilogie, réalisée par le street artist Horor⌛. Un petit indice : après Zephyra et Ward, ce sera au tour de Zouhour et Tayr d’être représentés 🦅.

Côté dédicaces, vous pouvez me retrouver à la Librairie RUC de Colmar le samedi 17 octobre, de 14h à 17h30. Une après-midi qui sera spéciale, car la librairie RUC a joué un rôle important dans mon parcours. Ma maman y a suivi une formation pour devenir libraire quand elle était jeune, avant de se réorienter plus tard. Elle m’y emmenait régulièrement durant l’enfance et l’adolescence. Elle m’y a transmis sa passion et ma vocation.
Je suis également la marraine de l’événement 2026 du Don des Dragons, qui aura lieu le samedi 31 octobre et le dimanche 1er novembre. Tous les bénéfices seront reversés à l’association Le Refuge. Vous pourrez me retrouver le samedi pour une table ronde et une journée de dédicaces.
Le défi littéraire du mois
Merci à Thibault pour ses deux recommandations de la rentrée littéraire :


Pour la prochaine newsletter, envoyez-moi votre coup de coeur de la littérature de l’imaginaire à l’adresse alexandrazins19@gmail.com ou dans les commentaires.
💫 N’oubliez pas notre rendez-vous cette semaine pour le cover reveal… Un temps fort de la vie de ma trilogie 💛
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