Ambiance « La vie des autres » đŸšČ đŸ‚

Alerte coup de cƓur pour ce premier roman dĂ©couvert grĂące Ă  Jennifer, dont l’ambiance n’est pas sans rappeler l’excellent « La vie des autres » rĂ©alisĂ© par Florian Henckel von Donnersmarck en 2006.

L’histoire se dĂ©roule en Allemagne de l’Est, dans la banlieue de Dresde, dans les annĂ©es 1970. On y suit Karin, seize ans, dont le petit ami a disparu, soupçonnĂ© d’avoir fui le pays. La jeune femme se retrouve interrogĂ©e et suivie par la Stasi


Charlotte Gneuss nous embarque dans cette histoire et aborde avec finesse l’adolescence dans toute sa complexitĂ©, la vie sous un rĂ©gime surveillĂ©, oĂč chaque voisin peut nous dĂ©noncer.

Je me suis Ă©normĂ©ment attachĂ©e Ă  Karin, Ă  son amie Marie, Ă  sa petite sƓur. Elle se retrouve confrontĂ©e Ă  des conflits de loyautĂ© que personne ne devrait avoir Ă  gĂ©rer, surtout Ă  cet Ăąge critique. Comment protĂ©ger sa famille ? Son cercle amical ? Son amoureux disparu ? Et comment se prĂ©server elle-mĂȘme ?

Karin essaie de recoller les morceaux, de rester solide quand sa famille se dĂ©lite. Elle aime Paul, Paul lui manque, mais il y a du ressentiment, de la colĂšre, de l’incomprĂ©hension qui se greffent Ă  cet amour. Il est parti. Sans laisser de traces. MĂȘme si elle avait compris, qu’il partait, qu’il lui disait au revoir Ă  demi-mot, qu’est-ce que ça aurait changĂ© ? Il la laisse devant cette question : que faire maintenant ?

Un point Ă©galement sur le style : on est complĂštement dans la tĂȘte de Karin, c’est hyper rĂ©ussi, et on le doit aussi grĂące au travail de la traductrice Rose Labourie et des Ă©ditions Les Argonautes !

« L’autre Ă©criture devait ĂȘtre celle de RĂŒhle, ils Ă©crivaient chacun Ă  son tour. À la maison, il y avait un petit cahier du mĂȘme genre au cas oĂč, mais on ne s’en servait jamais, parce que mamie Ă©tait toujours lĂ  pour faire l’intermĂ©diaire. J’ai lu minutieusement tout ce que Paul et RĂŒhle s’Ă©taient Ă©crit dans l’espoir d’y trouver un signe, il y avait peut-ĂȘtre un sens cachĂ© entre les lignes que je ne dĂ©celais pas encore, mais je comprenais tout, et je ne comprenais que trop bien, il n’y Ă©tait question que de la pluie et du beau temps. À un endroit, Paul demandait Ă  RĂŒhle si tout Ă©tait prĂȘt pour Berlin. Je n’ai pas trouvĂ© de rĂ©ponse de RĂŒhle. Paul ne m’avait jamais parlĂ© de Berlin. Mais ce n’est pas parce qu’on ne parle pas d’une chose que c’est forcĂ©ment un secret. »

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