Le rêve, l’enfance, la maternité, la planète… Un roman unique : coup de cœur 💚.

Un Phénomène incompréhensible se développe au niveau mondial : quand les enfants dorment, ils se mettent à rêver ensemble. Ce même rêve provoque alors des catastrophes de plus en plus inquiétantes.

Eva a décidé de se couper du monde, de se cacher loin du père de Lucie qui les violentait toutes les deux. Dans leur refuge en Camargue, elles rencontrent Serge, un géant solitaire au passé mystérieux et visiblement douloureux. Progressivement, les événements mondiaux les rattrapent tous les trois, car « ce qui arrive à l’humanité nous touche tous, aussi séparés que nous puissions être du reste du monde, nous sommes un morceau d’humanité et tout ce qui le secoue nous secoue ».

La planète, sa nature, sa faune et sa flore, sont omniprésentes dans le roman. Les enfants sont capables, bien mieux que les adultes, de se souvenir du lien qui nous unit à chaque être vivant, végétal, animal, humain. Leurs rêves sont-ils des punitions divines ? Des avertissements ? Est-il déjà trop tard, ou le pouvoir des enfants peut-il encore nous sauver tous ? Après tout, les enfants sont vecteurs de changement, ils sont les maillons indispensables à la transmission et au cycle de la vie.

Il est aussi question de pardon. Pardonner à autrui, pour le mal qu’il nous a fait. Se pardonner soi-même, certainement l’un des pardons les plus difficiles à accorder. Et la Terre, dans tout ça : peut-elle encore pardonner tout ce que l’humanité lui inflige ?

Ce roman est unique, la narration réussie, les thématiques essentielles. L’autrice française, connue des férus de réalisme magique, met en scène une relation mère-fille absolument sublime. L’amour inconditionnel d’Eva pour Lucie m’a profondément touchée, et je pensais souvent à ma maman, à mes grands-mères, au bébé dans mon ventre. Coup de cœur.

« Comment lui dire mon amour ?

Je lui ai avoué que je ne voulais pas d’enfant, que je n’avais jamais aimé les enfants des autres, ni même joué à la poupée quand j’étais petite. Je lui ai dit qu’elle était née un peu malgré moi et, que, grâce à elle, j’avais compris ce que c’était qu’aimer.

Quelle surprise ! Elle m’avait mise au monde en naissant. Elle était à la fois mes racines et ma canopée, la source et l’embouchure, elle était le mouvement de toutes les rivières qui me parcouraient, elle m’offrait la beauté et la joie de vivre. Elle m’avait multipliée. Je l’aimais et je cherchais les mots pour me faire pardonner. Je voulais tant la prendre dans mes bras. Ils ne servaient à rien sans elle.

La porte s’est ouverte sur ma fille aux yeux rougis.

– Je n’ai pas tout compris à ce que tu m’as dit, maman. Je t’aime aussi. Et je ne sais même plus pourquoi j’étais fâchée. »

Une réponse à « Le rêve, l’enfance, la maternité, la planète… Un roman unique : coup de cœur 💚. »

  1. […] dans les merveilleux romans de Kiyémis avec Et, refleurir 🌻 🇨🇲 et de Carole Martinez avec Dors ton sommeil de brute […]

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