Attention, spoiler si vous n’avez pas lu le premier tome, La Cité de Laiton.
Dans ce second tome, cinq années se sont écoulées. Le roi Ghassan règne en maître absolu tyrannique sur Daevabad. Les tensions semblent ne jamais avoir été aussi fortes, surtout entre les sangs-mêlés et les sangs-purs. Nahri essaie de survivre en se conformant aux ordres du roi. Pour aider son peuple, elle accepte même d’épouser le prince Muntadhir. Ali a, quant à lui, été exilé à Am Gezira. Déjouant les tentatives de nombreux assassins, il aide sa tribu grâce à ses nouveaux mystérieux pouvoirs aquatiques. Ils ignorent tous les deux que la révolte gronde et qu’une nouvelle guerre est sur le point d’éclater à Daevabad.
« Hatset lui retourna son regard noir. « Tu es bien trop intelligent pour croire que les Ayaanles sont la seule cause des problèmes financiers de Daevabad. Nous sommes un bouc émissaire ; une légère diminution des taxes ne saurait être responsable des dégâts dont tu as été le témoin. Mais maintenir un tiers de la population dans la misère et l’esclavage, oui. Oppresser un autre tiers au point qu’il décide de se reclure de lui-même, oui. » Elle parlait d’un ton de plus en plus résolu. ‘’Les gens ne s’épanouissent pas sous le règne des tyrans, Alizayd ; ils ne peuvent pas créer lorsqu’ils sont occupés à rester en vie, ou proposer des idées novatrices lorsque l’erreur est punie sous les sabots d’un karkadann.’’ »
Ce deuxième tome est tout aussi envoûtant, magistral et réussi que le premier. Nahri et Ali continuent d’affirmer leurs personnalités et de développer leurs potentialités. Chacun à sa manière, ils ne supportent pas l’injustice, ont un caractère bien trempé, des idées parfois très arrêtées, mais un grand cœur. Bref, ce sont deux protagonistes inoubliables.
Les intrigues évoluent, certaines prennent des directions surprenantes, et l’autrice nous montre dans ce roman combien la haine de l’autre, le ressentiment et le désir de vengeance sont destructeurs. Il me tarde de découvrir le dernier tome de cet énorme coup de cœur.
« Et puis Daevabad se dressa devant eux.
La cité faisait paraître leur navire minuscule, tel un lion face à un moucheron. Le brouillard épais n’était qu’une simple jupe pour ses murs de laiton massifs et étincelants et sa masse qui se dressait, se découpant dans le ciel. Au-dessus du mur apparaissaient les sommets des minarets de sable dépoli et les délicats stupas flottants, les ziggourats anciennes de briques et de boue et les temples aux tuiles étincelantes. Et comme gardienne de tous ces bâtiments s’élevait la tour aux créneaux nus de la Citadelle, fièrement dressée de toute sa hauteur comme un symbole d’Am Gezira.
« C’est ça, Daevabad ? C’est de là que tu viens ? lâcha Lubayd dans un souffle.
– C’est de là que je viens », répondit doucement Ali. La vue de son ancien foyer lui donnait l’impression que quelqu’un avait enfoui sa main dans sa poitrine et retourné son cœur. »

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