Une invitation à nous dépasser et à nous ouvrir aux autres.

Il y a quelques semaines, j’apprenais que mon roman était finaliste d’un concours pour la deuxième fois. Quel bonheur de voir que les histoires que je raconte plaisent ! Mais pour la deuxième fois en deux ans, je termine finaliste. Et malgré la fierté d’être arrivée jusque-là, j’ai du mal à m’en remettre. Nouveau retour à la case départ. Quand pourrai-je enfin partager avec vous, avec des lecteurs, le fruit de toutes ces années d’écriture ?

C’est à ce moment difficile que ma chère maman m’a offert le livre de Virginie Delalande. Je l’ai lu avec plaisir, j’ai appris énormément de choses sur la surdité, et j’ai découvert une femme inspirante qui a su me rappeler, comme elle l’écrit si justement dans son titre, qu’il ne faut jamais abandonner.

Virginie Delalande a une vie incroyable. Sa surdité profonde, elle a su au fil des années la transformer en force. Son discours sur la différence est primordial dans nos sociétés qui veulent constamment nous mettre dans des cases. Elle nous invite à nous dépasser, à nous ouvrir aux autres. Je ressors enrichie de ma lecture. Merci, Virginie, de partager ainsi votre parcours et votre témoignage, sans langue de bois, sans faux semblant. Promis, je ne baisse pas les bras.

« Je vous parle avec une voix… Cette voix qui peut-être vous dérange, vous met mal à l’aise… c’est une voix que moi-même je ne connais pas, que je n’ai jamais entendue. C’est le fruit de vingt ans de travail, vingt ans d’orthophonie trois fois par semaine, un vrai travail de perroquet !

Mille fois j’ai eu envie d’abandonner, mille fois je me suis dit : « à quoi bon, il y en aura toujours qui me fuiront à cause de ma voix, qui ne feront pas d’efforts pour me comprendre, alors cela vaut-il la peine d’aller au bout ? » Et puis ce qui m’a sauvée, c’est que je suis bavarde. J’ai envie de parler, de vous parler. Je ne sais pas ce que vous entendez, mais je sais ce que j’ai envie de vous dire.

Puis je suis devenue avocate parce qu’on m’a dit que c’était impossible, que ce métier n’était pas pour moi. Je suis devenue avocate parce que je connais ce sentiment d’injustice, celui qui vous prend aux tripes et vous empêche de dormir, celui qui répète « pourquoi moi ?»

La surdité, c’est le handicap de la communication. Contrairement à une idée reçue, les sourds ne naissent pas muets. C’est l’oreille qui est endommagée, pas les cordes vocales. Certains sourds peuvent et veulent parler, d’autres préfèrent signer. D’autres encore comme moi, passent de l’un à l’autre, ou encore s’aident du langage parlé complété. Pour autant, nos besoins sont les mêmes : l’intelligence et l’envie de communiquer sont là. Merci ».

Et la jolie dédicace de l’auteure, à relire pour me redonner du courage quand parfois je vacille :

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