J.M.G. Le Clézio nous emmène en Corée, auprès de Bitna, une jeune femme de dix-neuf ans fraîchement débarquée à Séoul pour ses études. Alors qu’elle est maltraitée par sa tante et sa cousine, loin du village de pêcheurs de ses parents, elle s’évade en se rendant à la librairie. C’est au milieu des livres qu’on lui propose de raconter des histoires contre rémunération. Bitna accepte et rencontre alors Salomé. Cette dernière est atteinte d’une maladie incurable, et la fiction l’aide à s’évader, elle qui est emprisonnée dans son corps et dans son logement.
« Parce qu’il y a toujours une vérité cachée, dans un mensonge. »
Fiction et réalité s’entremêlent progressivement. Des petites histoires aux allures de contes, des destins pas si éloignés qu’on l’aurait cru, des êtres humains et des êtres vivants à qui l’on rend leur essence et leur existence. Bitna devient la Schéhérazade de Salomé, mais si l’histoire s’achève, à l’aube, ce n’est pas Bitna qui perdra la vie. Car pour Salomé, l’imaginaire repousse la mort, insuffle un souffle de vie supplémentaire.
« Ça s’est passé à l’aube. L’aube est l’heure la plus cruelle pour ceux qui souffrent. Parce que la nuit cède au jour, et qu’ils n’ont pas goûté au repos. »
Le lien qui lie les deux femmes est complexe, et Bitna change au contact de Salomé. En même temps qu’elle découvre Séoul, elle se découvre elle-même, dompte ses émotions et son destin. Que représente Salomé pour elle ? Et finalement, quelle part de sa propre personne met-elle dans les histoires qu’elle lui raconte ?
« Je voulais lui faire comprendre que rien n’est inventé, même si rien n’existe. »
Ce livre est d’une grande beauté. Mais je ne suis pas étonnée. Le talent de conteur de J.M.G. Le Clézio m’a conquise, une fois de plus. Ce fut mon premier roman audio, et une belle expérience grâce au talent de Sarah Stern qui lit l’histoire. Cependant, je reste une adepte de la lecture à mon rythme, même si je réécouterai sans doute bientôt un autre roman audio.

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